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🌍🇧đŸ‡ȘđŸ‡Č🇩 Gaspillage : quand nos gestes quotidiens menacent la planĂšte

ABA VBA29 septembre 2025980 vues0

Le paradoxe demeure. À l’échelle mondiale, 1,05 milliard de tonnes de nourriture ont Ă©tĂ© gaspillĂ©es en 2022, soit 132 kg par habitant et prĂšs d’1/5 des aliments disponibles pour les consommateurs.

Ce volume se rĂ©partit “en aval” entre mĂ©nages (79 kg par personne), restauration (36 kg) et commerce de dĂ©tail (17 kg). Autrement dit, la plus grande part du gĂąchis se joue Ă  la maison et Ă  table, pas seulement en magasin.

En amont, les pertes commencent au champ, au transport, au stockage ou en atelier. Elles reprĂ©sentent environ 13,3 % de la production mondiale avant d’atteindre le commerce.

À ces pertes techniques s’ajoute un tri esthĂ©tique omniprĂ©sent : les filiĂšres privilĂ©gient les fruits et lĂ©gumes bien formĂ©s, bien calibrĂ©s, ni trop petits ni trop grands. Les produits hors normes sont dĂ©classĂ©s, transformĂ©s Ă  faible valeur, ou Ă©cartĂ©s.

Pour garantir l’approvisionnement “conforme”, on surproduit afin d’obtenir assez de piĂšces “vendables”. Cette surproduction mĂ©canique accroĂźt les pertes dĂšs l’origine.

Lorsque le produit “passe”, la derniùre ligne droite concentre le gaspillage en aval.

Les raisons sont connues et cumulatives : prĂ©visions gĂ©nĂ©reuses pour “ne jamais manquer”, portions standardisĂ©es, confusion entre date limite (sĂ©curitĂ©) et date de durabilitĂ© (qualitĂ©), et comportements d’achat qui remplissent trop les frigos.

Sur ce segment aval, les chiffres sont dĂ©sormais explicites au niveau mondial : 79 kg gaspillĂ©s par habitant et par an dans les mĂ©nages, 36 kg en restauration, 17 kg au dĂ©tail. Ces ordres de grandeur permettent de piloter les efforts lĂ  oĂč ils comptent le plus.

Du point de vue du commerçant. sauver un invendu coĂ»te du temps et de l’organisation (tri, rĂ©-Ă©tiquetage, chaĂźne du froid, don traçable).

De plus, en multipliant les grosses remises, on déplace le repÚre de prix : pour le client, la promo devient le prix attendu, et le prix normal se vend moins.

Si ces coĂ»ts et ce risque dĂ©passent le gain d’écouler l’invendu, le commerçant jette.

LĂ  oĂč des rĂšgles et outils (don obligatoire, incitations fiscales, tarifs de fin de journĂ©e, applis anti-gaspi) changent ce calcul, jeter devient moins intĂ©ressant que ne pas jeter..

DerriĂšre chaque aliment jetĂ© se trouvent le coĂ»t cachĂ© Ă  savoir des kilowattheures, des litres d’eau, des kilomĂštres de camion et des heures de travail perdus.

La chaĂźne consomme de l’énergie pour cultiver, transformer, rĂ©frigĂ©rer et livrer ; puis elle en consomme encore pour collecter, transporter et traiter les dĂ©chets. Chaque kilo gaspillĂ© “compte double” : une fois Ă  la production, une fois Ă  l’élimination.

À cela s’ajoutent les externalitĂ©s : Ă©missions de gaz Ă  effet de serre, pression sur l’eau et les sols, congestion des filiĂšres de traitement. Au final, le mĂ©nage paie deux fois : dans le prix au magasin et dans les taxes ou services liĂ©s aux dĂ©chets, tandis que la surproduction entretient des coĂ»ts fixes Ă©levĂ©s et une pression durable sur les prix.

Le tableau juxtapose deux mesures complĂ©mentaires. À l’échelle mondiale, le gaspillage aval atteint 132 kg par habitant et par an : la majeure partie provient des mĂ©nages, puis de la restauration et du commerce. Au Maroc, on observe 113 kg/hab/an au stade aval. Ce total grimpe lors de pĂ©riodes de forte demande (Ramadan, AĂŻd, mariages), quand l’abondance se transforme en restes non consommĂ©s, et il s’additionne Ă  des pertes amont encore Ă©levĂ©es pour les produits trĂšs pĂ©rissables. En Belgique, le total aval tourne autour de 85 kg/hab/an; si l’on regarde la masse totale de dĂ©chets alimentaires, la part amont (production + transformation) reprĂ©sente environ 44 %, et la part aval (commerce + restauration + mĂ©nages) environ 56 %.

À retenir : les % amont/aval dĂ©crivent la rĂ©partition des tonnages le long de la chaĂźne, tandis que les kg/hab (aval) mesurent ce que les consommateurs (magasins, restaurants, foyers) gaspillent par personne. Ces indicateurs ne s’additionnent pas ; ils se complĂštent pour cibler l’action lĂ  oĂč elle rĂ©duit le plus les pertes et les coĂ»ts.

RĂ©parer la chaĂźne, du champ Ă  l’assiette

Le gaspillage n’est pas une fatalitĂ©. Il naĂźt d’une somme de petites dĂ©faillances. On l’attĂ©nue en corrigeant chaque maillon, dĂšs l’amont.

Il faut desserrer les critĂšres esthĂ©tiques, accepter des calibres variĂ©s et ouvrir des dĂ©bouchĂ©s dignes pour les “hors-normes”.

Il faut sĂ©curiser le froid avec des solutions sobres, parfois solaires, et amĂ©liorer le stockage et la manutention. Les volumes doivent ĂȘtre mieux prĂ©vus, en s’appuyant sur la mĂ©tĂ©o et les ventes, et en appliquant le “premier expirĂ©, premier sorti” dĂšs l’emballage.

Les surplus doivent ĂȘtre transformĂ©s rapidement, sans en faire une habitude, et les Ă©quipes formĂ©es aux bons gestes post-rĂ©colte.

Au Maroc, la prioritĂ© reste le froid et le transport des fruits et lĂ©gumes. En Belgique, l’effort porte surtout sur la transformation et la logistique fine.

En aval, la clartĂ© sauve des kilos. La date limite de consommation n’est pas la date de durabilitĂ© minimale.

Les magasins doivent rendre visibles les “dates courtes”, pratiquer les remises de fin de journĂ©e et organiser le don systĂ©matique avec une traçabilitĂ© simple. Les rayons doivent suivre la logique “premier expirĂ©, premier sorti” pour que les produits proches de l’échĂ©ance partent d’abord.

La restauration gagne à proposer des portions à la carte, à recharger les buffets en petites quantités et à banaliser le doggy bag.

Les cantines peuvent réduire les restes par la pré-commande et le comptage quotidien.

À la maison, on planifie, on cuisine d’abord ce qui pĂ©rime, on rĂšgle le rĂ©frigĂ©rateur Ă  4 °C ou moins et le congĂ©lateur Ă  −18 °C, on congĂšle les excĂ©dents et on valorise les restes.

En Belgique, la collecte sĂ©parĂ©e des biodĂ©chets et leur valorisation bouclent la boucle. Au Maroc, les dons de proximitĂ© et les circuits courts sont essentiels pendant les pĂ©riodes de forte demande, comme le Ramadan et les fĂȘtes.

Reste la gouvernance. Il faut mesurer par maillon, publier chaque annĂ©e et fixer des cibles claires Ă  l’horizon 2030.

Il faut rendre le don plus simple que la benne, par des rĂšgles lisibles et des incitations efficaces.

Il faut tarifer l’élimination au plus juste, financer le froid propre et soutenir la transformation rapide des surplus.

Il faut enfin Ă©duquer aux “repĂšres de dates”, Ă  la portion juste et au rangement du rĂ©frigĂ©rateur dĂšs l’école.

RĂ©duire les pertes en amont et le gaspillage en aval, c’est Ă©conomiser l’eau et l’énergie, calmer les prix et rapprocher la sĂ©curitĂ© alimentaire d’un rĂ©sultat concret.

On nourrit mieux non pas en produisant toujours plus, mais en jetant beaucoup moins.

Source : Gaspillage incendiaire – Aujourd'hui le Maroc, UNEP-Food Waste Index Report 2024 , Eurostat-Food waste: 132 kg per inhabitant in the EU in 2022, Food waste and prevention – estimates , FAO -Over 13% lost before retail (Food Loss), Bruxelles-Capitale — Obligation de don des invendus alimentaires, LĂ©gifrance — Loi “Garot” 2016 (don des invendus, hiĂ©rarchie anti-gaspi) , Morocco World News — Moroccan Households Waste 4.2 Million Tons Yearly (113 kg/hab), Hespress (EN) - Moroccans wasted 4.2 million tons of food in 2022

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