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Quand le climat dérÚgle le quoti

🌍-🇧đŸ‡Ș-đŸ‡Č🇩-Quand le climat dĂ©rĂšgle le quotidien !

ABA VBA20 août 20251259 vues

Le climat n’est pas une abstraction mais une rĂ©alitĂ© quotidienne.

On le voit Ă  Ostende oĂč la mer grignote chaque annĂ©e un peu de marge sur les dunes et oĂč le niveau moyen de la mer1 tĂ©moigne d'une hausse de +18 cm en ~70 ans avec une accĂ©lĂ©ration rĂ©cente proche de 8 mm/an. FixĂ© au port, le marĂ©graphe2 enregistre cette tendance en mesurant la hauteur d’eau moyenne, lissĂ©e mois aprĂšs mois par rapport Ă  un repĂšre local ; on parle de niveau moyen relatif parce que la mesure intĂšgre aussi les (lents) mouvements verticaux du sol.

À Agadir, l’étĂ© 2023 a atteint 50,4 °C (11 aoĂ»t). La rĂ©gion a lancĂ© une usine de dessalement pour sĂ©curiser le robinet quand les barrages faiblissent.

Ensemble, ces signes racontent la mĂȘme histoire : des risques qui s’installent, des rĂ©ponses qui s’organisent, et des gestes Ă  faire maintenant.

Le moteur du rĂ©chauffement est connu : les gaz Ă  effet de serre (GES)3 — CO₂, mĂ©thane
 — retiennent davantage la chaleur. La couche d’ozone4, en altitude, filtre les UV : utile pour la santĂ©, mais ce n’est pas elle qui explique la hausse des tempĂ©ratures de surface aujourd’hui.

Ozone = UV ; GES = chaleur. Voir le rapport de l'IPCC ( Intergovernmental Panel on Climate Change-Un (ONU) ou sa synthÚse en français dans le pdf ci-dessous.

Belgique : oĂč et comment ?

Sur la cĂŽte, la Flandre applique le Masterplan Kustveiligheid (horizon 2050) : protections dimensionnĂ©es contre une tempĂȘte millĂ©nale 5 et +30 cm de niveau marin. La Kustvisie regarde plus loin, jusqu’à +3 m sur le long terme : plages rehaussĂ©es, dunes Ă©largies, digues renforcĂ©es.
Lieux sensibles : Nieuport–Coxyde–Ostende–De Haan–Blankenberge–Zeebrugge–Knokke-Heist pour les rechargements de plages et rehausses d’ouvrages (quais plus hauts, renforcement des protections).

Les ports doivent aussi s’adapter : tempĂȘtes sĂ©vĂšres, pluies intenses et sĂ©cheresses prolongĂ©es modifient les profondeurs des voies navigables et perturbent l’accĂšs, le chargement/dĂ©chargement et les opĂ©rations commerciales. Le port d' Antwerpen-Brugges dĂ©ploie ainsi des mesures de protection et d’élĂ©vation des infrastructures.

À l’intĂ©rieur du pays, l’autre face du risque : pluies extrĂȘmes et crues rapides. En juillet 2021, le bilan officiel fait Ă©tat de 39 dĂ©cĂšs en Wallonie. Avec un climat plus chaud, ces pluies trĂšs intenses deviennent plus probables ; la gestion des sols et des bassins (dĂ©simpermĂ©abiliser, ralentir les ruissellements) compte autant que les digues. Les VallĂ©es de la Vesdre, de l’Ourthe, de la Meuse et des sous-bassins urbains accumulent le risque “composĂ©â€ (sols saturĂ©s + crue + surcote6 en aval lors des coups de vent de secteur nord).

Maroc : canicule, sécheresse, incendies, inondationsmais peu d'eau

De Tanger au Sahara, 2024–2025 ont rendu le dĂ©rĂšglement trĂšs concret : vagues de chaleur Ă  rĂ©pĂ©tition, bulletins orange de la DGM, pointes 44–47 °C dans de nombreuses provinces. Dans la rĂ©gion du Souss-Massa, ces pics s’enchaĂźnent avec des chergui secs et des orages locaux. 2024 a Ă©tĂ© classĂ©e annĂ©e la plus chaude observĂ©e au Maroc, avec un dĂ©ficit pluviomĂ©trique persistant ; l’étĂ© 2025 confirme la tendance avec de nouveaux records mensuels ou stationnels (le pic national de 50,4 °C du 11 aoĂ»t 2023 Ă  Agadir reste, Ă  ce stade, la rĂ©fĂ©rence officielle).

Le pays a aussi encaissĂ© des inondations meurtriĂšres : en septembre 2024, des crues soudaines ont fait au moins 18 morts dans le Sud et le Sud-Est (Tata, Tiznit, Errachidia, Tinghir, Taroudant). L’étĂ© 2025, le Nord a Ă©tĂ© frappĂ© par de grands feux de forĂȘts autour de Chefchaouen, mobilisant Canadair et forces au sol. Une mĂ©tĂ©o plus « nerveuse » s’installe : pluies Ă©clairs aprĂšs longues pĂ©riodes sĂšches, vents forts, combustibles plus vulnĂ©rables.

Sur le front de l’eau, la sĂ©cheresse multi-annuelle maintient la pression : les barrages restent nettement sous la moyenne (environ un tiers du remplissage au niveau national dĂ©but aoĂ»t 2025, avec des niveaux trĂšs bas en Souss-Massa). En rĂ©ponse, les autoritĂ©s accĂ©lĂšrent l’adaptation : montĂ©e en puissance du dessalement Agadir–Chtouka (environ 275 000 mÂł/j aujourd’hui pour eau potable et irrigation) avec extension vers ≈ 400 000 mÂł/j et adossement aux renouvelables (Ă©olien de LaĂąyoune ~150 MW) ; mĂ©ga-usine de Casablanca (premiĂšre phase annoncĂ©e fin 2026, montĂ©e ultĂ©rieure) ; usine de Dakhla (travaux trĂšs avancĂ©s, mise en service visĂ©e mi-2026). À l’échelle nationale : cap sur 17 usines en service, 4 en construction et 9 supplĂ©mentaires d’ici 2030, complĂ©tĂ©s par l’extension du grand transfert d’eau Nord-Sud (« autoroute de l’eau ») et une ligne Ă©lectrique ~1 400 km pour alimenter les unitĂ©s de dessalement en Ă©nergie renouvelable.

Le littoral concentre une part majeure du risque : selon les Ă©valuations internationales, environ 42 % du trait de cĂŽte marocain pourraient ĂȘtre Ă  haut risque d’érosion et/ou d’inondation d’ici 2030. Dans le Souss-Massa, la bande Imsouane–Gouricim (au sud de Tiznit) voit se cumuler recul des plages, salinisation des nappes et submersions lors d’épisodes composĂ©s. Les rĂ©ponses engagĂ©es : lignes de recul des constructions, rechargements sĂ©dimentaires, restauration dunaire et surveillance renforcĂ©e des plages touristiques (Taghazout–Agadir Bay, Aglou).

À l’intĂ©rieur des terres, Massa, Tiznit et, plus encore, Taroudant subissent d’abord chaleur, sĂ©cheresse et crues Ă©clairs sur les oueds Souss et Massa aprĂšs de longues pĂ©riodes sĂšches. Les mesures se multiplient : plans chaleur (vigilances DGM, horaires adaptĂ©s), campagnes feux de forĂȘts (surveillance, moyens aĂ©riens), travaux anti-crue sur les points noirs (curage, recalibrage, bassins d’orage), rĂ©utilisation d’eaux usĂ©es traitĂ©es, police de l’eau renforcĂ©e et arbitrages d’irrigation en annĂ©es sĂšches. Le gouvernement a, en outre, restreint certaines cultures trĂšs gourmandes en eau (melons, notamment) dans des zones arides comme Tata et Zagora.

Qu'en est-il du citoyen lambda ? Se sent il concerné par le dérÚglement climatique ?

Oui, mais de façon inégale.
En Belgique, la conscience est Ă©levĂ©e : en 2025, une large majoritĂ© juge le climat « trĂšs sĂ©rieux » et dit que l’environnement pĂšse sur sa vie quotidienne — un terreau favorable aux gestes concrets

CĂŽtĂ© actes, la Wallonie a dĂ©passĂ© 1 million d’arbres et 4 000 km de haies plantĂ©s via Yes We Plant, avec des particuliers, Ă©coles et communes en premiĂšre ligne. En Flandre, le programme Blue Deal s’appuie sur des projets citoyens (dĂ©-pavage des cours/parkings, jardins qui infiltrent l’eau, citernes) ; les bilans intermĂ©diaires font Ă©tat de milliards de litres Ă©conomisĂ©s et de milliers d’hectares renaturĂ©s, pendant que des campagnes comme le “Tegelwippen” (enlever des dalles pour planter) gagnent le grand public.

Au Maroc, la sĂ©cheresse rĂ©currente fait bouger les usages. Quand on pompe plus vite que la pluie ne recharge, le niveau piĂ©zomĂ©trique baisse : des puits se tarissent, les pompes doivent descendre, l’eau coĂ»te plus cher. PrĂšs du littoral (Souss, Chtouka, Massa), cette baisse aspire l’eau de mer : par intrusion saline, l’eau devient saumĂątre (brackish), impropre Ă  l’irrigation et Ă  la boisson. D’oĂč un cadre resserrĂ© : autorisation obligatoire pour tout forage, moratoires dans les zones critiques, compteurs pour contrĂŽler les prĂ©lĂšvements, police de l’eau sur le terrain (PV, amendes, puits scellĂ©s), et quotas de pompage contractuels.

Chez les usagers, l’adaptation est tangible : passage Ă  l’irrigation localisĂ©e (goutte-Ă -goutte), tours d’eau partagĂ©s, recherche et rĂ©paration des fuites, substitution d’une part des volumes par de l’eau dessalĂ©e ou rĂ©utilisĂ©e pour soulager la nappe.
Ainsi, les agriculteurs ont massivement basculĂ© vers l’irrigation localisĂ©e7 : ~824 000 ha Ă©quipĂ©s fin 2023 (environ la moitiĂ© des superficies irriguĂ©es), avec un cap Ă  1 million d’hectares d’ici 2030 — une transition portĂ©e, mais aussi choisie, car elle Ă©conomise l’eau et stabilise les rendements.
En ce qui concerne les nappes aquifĂšres, la loi 36-15 et ses dĂ©crets s’appliquent dĂ©sormais strictement . Les puits ou forages sont dĂ©sormais contrĂŽlĂ©s sur le terrain (saisies de matĂ©riels, PV, amendes) par l’ABH Souss-Massa ; certaines provinces, comme Ouarzazate en 2025, gĂšlent mĂȘme les nouveaux forages.

CĂŽtĂ© arbres et biodiversitĂ©, l’initiative reste surtout institutionnelle mais participative : la stratĂ©gie ForĂȘts du Maroc 2020-2030 vise 600 000 ha restaurĂ©s avec l’appui d’habitants, coopĂ©ratives et associations ; les points d’étape 2023-2024 montrent une montĂ©e en charge rĂ©elle, encore perfectible.
En bref, de part et d'autre, la prise de conscience est large (surtout en ??, en forte hausse en ?? sous l’effet des sĂ©cheresses et restrictions). L’appropriation progresse quand l’action publique donne prise aux gens : subventions (goutte-Ă -goutte, citernes), rĂšgles claires (puits), outils simples (dĂ©-pavage, plantations locales). LĂ  oĂč ces leviers existent, on voit des Ă©conomies d’eau mesurables et plus de vĂ©gĂ©tal dans les quartiers ; lĂ  oĂč ils manquent, la conscience reste dĂ©clarative et les gestes, sporadiques.

?Le constat est incontournable : partout dans le Monde,la mer monte, de plus en plus vite et la terre s’efface !

Le constat est brutal : partout dans le monde, la mer monte — et de plus en plus vite. Le niveau moyen6 des mers bat des records sous l’effet de la dilatation de l’eau et de la fonte des glaces. Depuis 1993, il a dĂ©jĂ  gagnĂ© plus de 10 cm, un chiffre qui paraĂźt faible mais qui change tout : il double ou triple la frĂ©quence des submersions cĂŽtiĂšres. Chaque centimĂštre supplĂ©mentaire accroĂźt le risque que les marĂ©es hautes ordinaires deviennent des inondations.

Et cela n’est pas une hypothĂšse lointaine : certaines localitĂ©s cĂŽtiĂšres reculent dĂ©jĂ  de plusieurs mĂštres par an, des villages du Pacifique (Kiribati, Tuvalu) ou du Bangladesh disparaissent, et des mĂ©galopoles comme Jakarta ou Miami doivent envisager un repli partiel.

Les cartes du littoral mondial sont en train de se redessiner sous nos yeux.

Les consĂ©quences immĂ©diates se comptent en vies et en dĂ©placements. Les dĂ©placements internes ou migration indigĂšne liĂ©s aux catastrophes (inondations, tempĂȘtes, sĂ©cheresses, feux) n’ont rien de thĂ©orique

En 2023, plus de 26 millions de migrations intra-territoriales ont Ă©tĂ© dĂ©clenchĂ©es majoritairement Ă  cause des inondations ou des tempĂȘtes. Fin 2024, prĂšs de 83 millions de personnes (soit l'Ă©quivalent de la population d’un pays comme l’Allemagne) vivaient dĂ©placĂ©es dans leur propre pays — un record absolu, avec une part croissante due au climat. et Ă©taient contraintes de se rĂ©organiser.

À court terme (d’ici 2030), ce sont nos quotidiens qui basculent et ont impact sur notre santĂ©. Les canicules plus longues et pollution accrue augmentent les crises cardiaques, les AVC et les maladies respiratoires. ParrallĂšlement Ă  cela, la sĂ©curitĂ© alimentaire se fragilise avec les pertes de rĂ©coltes liĂ©es aux sĂ©cheresses et inondations. En consĂ©quence, la durĂ©e de vie peut se trouver raccourcie. L'OMS estime que le climat pourrait causer plus de 250 000 dĂ©cĂšs supplĂ©mentaires par an dĂšs 2030, par malnutrition, stress thermique et maladies vectorielles.
Aux niveaux de l'Économie et du logement, on constate que la valeur des biens cĂŽtiers s’effondre,que les assurances deviennent inaccessibles, et que des millions de foyers doivent envisager de dĂ©mĂ©nager.

En clair, il ne s’agit plus d’une fiction : la montĂ©e des eaux, les sĂ©cheresses extrĂȘmes, les incendies incontrĂŽlables et les migrations forcĂ©es bouleversent dĂ©jĂ  notre monde. Sans action rapide, ces phĂ©nomĂšnes s’accĂ©lĂšrent et nous rattrapent dans notre durĂ©e de vie, transformant nos villes, nos ressources et notre santĂ© au quotidien.

« On fait quoi ? » — stopper, s’adapter pour rĂ©sister, s’impliquer pour respecter l'environnement

L’équation est simple : on baisse vite (CO₂ + mĂ©thane), on s’équipe pour encaisser les chocs, on s’implique pour que l’alerte devienne action. C’est moins coĂ»teux maintenant que d’attendre des fermetures de quais, des maisons inhabitables et des primes d’assurance inaccessibles.

Stopper la trajectoire.

Pour garder une chance rĂ©elle autour de 1,5 °C, il faut des Ă©missions mondiales en forte baisse d’ici 2030 (≈ –43 % vs 2019) et zĂ©ro CO₂ net vers 2050 ; nos engagements actuels mĂšnent encore au-delĂ  de 2,5–3 °C.

ConcrĂštement : sortir vite du charbon, dĂ©carboner l’électricitĂ©, Ă©lectrifier les usages (transports, chaleur), rĂ©nover massivement les bĂątiments (isolation + pompes Ă  chaleur), couper le mĂ©thane (fuites pĂ©trole/gaz, torchage, mines) car c’est le gain le plus rapide possible cette dĂ©cennie.

S’adapter pour rĂ©sister (avant 2030).

CĂŽtĂ© littoraux, tenir la ligne oĂč c’est tenable, reculer oĂč il le faut : plage + dunes + ouvrages dimensionnĂ©s pour des tempĂȘtes « millĂ©nales » et +30 cm d’ici 2050 et/ou gestion intĂ©grĂ©e, lignes de recul et planification rĂ©gionale).
Dans les villes : plans chaleur alignés sur les guides OMS (alerte, piÚces fraßches, horaires adaptés), toits clairs ou végétalisés pour baisser la température intérieure, désimperméabiliser rues/cours et dimensionner les réseaux pluviaux pour des pluies plus intenses. Ces mesures sauvent des vies dÚs cet été et évitent des dégùts dÚs le prochain épisode.

S’impliquer (et y gagner).

Au quotidien, l’action publique se traduit en protection.
On commence par les bĂątiments. Audit rapide, Ă©tanchĂ©itĂ© Ă  l’air, isolation combles et murs. Des protections solaires Ă  l’extĂ©rieur. La nuit, on ventile. Moins d’énergie. Plus de confort l’étĂ©.
CĂŽtĂ© mobilitĂ©, on bascule. Plus d’électrique, plus de transport public. L’air s’amĂ©liore dĂšs la premiĂšre annĂ©e.
L’eau devient un bien prĂ©cieux. On relĂšve les compteurs, on traque les fuites. Citernes au pied des immeubles. RĂ©emploi des eaux grises. Dans les champs, goutte-Ă -goutte et tours d’eau rĂ©glĂ©s au millimĂštre.
Énergie locale, mĂȘme rĂšgle. Du solaire sur les toits d’immeubles, d’écoles, d’entreprises. Autoconsommation partagĂ©e. La facture baisse. La rĂ©silience grimpe.
Sur le littoral, on choisit la prudence. Recul planifiĂ©, pas de reconstruction au mĂȘme endroit. AprĂšs chaque tempĂȘte, on signale les affouillements. On respecte dunes et accĂšs. À la prochaine surcote, ça fait la diffĂ©rence.

Au passage, on y gagne tout de suite : santĂ©, emplois locaux, factures allĂ©gĂ©es. Et l’addition des catastrophes futures diminue.

https://youtu.be/cEcgpbKoCbU?feature=shared

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